http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090514_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4863809.pdf?journee=PDF_20090514_LEC
Les Pépinières Daniel Soupe à la conquête de la Chine et du Maroc
Le petit groupe de
160 personnes basé à
Châtillon-sur-Chalaronne (Ain)
s’implante dans ces deux pays
pour répondre à une demande
d’espèces plus respectueuses
du développement durable.
Les Pépinières Daniel Soupe
exportent maintenant bien
au-delà des frontières
européennes. «Nous avons reçu
des commandes de Shanghai pour
l’Exposition universelle de 2010.
Plusieurs villes marocaines ont
lancé des appels d’offres
correspondant à nos concepts »,
savoure Daniel Soupe, le patron
du groupe éponyme. Il a ouvert
en 2007 une première
exploitation de 17 hectares à
Cunning dans le Yunnan,
considéré comme la réserve
botanique du monde. Dans le
royaume chérifien, il en a créé
deux cette année, l’une à Agadir
et l’autre à Azrou dans le
Moyen-Atlas. En France, il règne
sur 420 hectares à
Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) et
les 7 communes voisines de la
Dombes et de la Bresse.«Mon
père, qui était cultivateur, m’a
inculqué la connaissance et
l’observation de la nature. Ainsi
que le goût de l’innovation.
Lui-même avait été précurseur en
fabriquant du méthane à partir du
fumier », évoque-t-il. Son BEP
agricole en poche, Daniel Soupe
enchaîne les stages de formation
chez des pépiniéristes dans
l’Hexagone et en Suisse. Il
s’installe en 1975 et acquiert
rapidement la conviction qu’il
faut sortir des sentiers battus et
cultiver de nouvelles espèces
d’arbustes et d’arbres. Il parcourt
les arboretums d’Europe à la
recherche de végétaux adaptés à
l’univers urbain, dont il anticipait
les contraintes actuelles. Il
détecte des variétés résistantes
aux maladies, pour éviter les
traitements chimiques
aujourd’hui proscrits dans les
villes, capables de prospérer dans
des atmosphères et des sols secs
et nécessitant peu d’élagages.
Moyennant quoi, ses clients sont
composés à 80% de communes,
le solde se répartissant entre les
entreprises et les jardins
particuliers de prestige. Son
appétit pour la nouveauté le
conduit à se doter en 2004 d’une
filiale, Sinnoveg (Société
d’Innovation Végétale), qui a
développé un principe de
clôtures végétales anti-intrusion
à partir de végétaux à épines
tressés entre eux et à des
éléments métalliques de renfort.
Ses produits ont été agréés,
entre autres, par l’armée, la
justice (prisons), le Commissariat
à l’énergie atomique et la SNCF.
«Nous avons fait évoluer notre
concept vers une version plus
légère pour les collèges et les
lycées. Plusieurs centaines
d’établissements sont
programmés », explique le
dirigeant. A l’opposé, son
entreprise a présenté aux
Floralies de Bagdad, en avril
dernier, une barrière végétale
antiterroriste destinée à
remplacer les barbelés. «Nous y
ajoutons des fils de fer et des
plaques de béton recyclé pour
empêcher les véhicules bélier. Nous
allons rendre ces clôtures
intelligentes en introduisant des
capteurs », détaille Daniel Soupe.
Le petit groupe, fort de
160 collaborateurs, prévoit une
croissance exponentielle de son
chiffre d’affaires, 8 millions
d’euros en 2008. Aussi, Daniel
Soupe recrute et étudie la
possibilité d’ouvrir son capital à
des financiers.
MARIE-ANNICK DEPAGNEUX
DE NOTRE
CORRESPONDANTE
À LYON.
Châtillon-sur-
Chalaronne