http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090408_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4851698.pdf?journee=PDF_20090408_LEC
La reprise chinoise devrait sauver une partie de la croissance asiatique
DE NOTRE CORRESPONDANT
À PÉKIN.
Si la croissance chinoise ne va pas
sauver lemonde, elle devrait permettre
d’atténuer l’impact de la
crise dans les pays en développement
d’Asie orientale. Dans un
nouveau rapport sur les économiesde
larégion, laBanquemondiale
assure que les différentes
mesures de relance annoncées
depuis novembre par Pékin devraient
profiter indirectement
aux nations asiatiques dépendantes
dumarché chinoisetpourrait
permettre aux économies
d’Asie orientale d’atteindre une
croissance de 5,3% sur 2009.
Comme ils l’avaient déjà annoncé,
il y a quelques semaines,
les experts de l’institution continuent
de parier sur un rebond de
l’activité chinoise dès l’été et prédisent
une croissance de 6,5%
pour le pays sur l’ensemble de
l’année. C’est une bonne nouvelle
pour toute la région,« car la
Chine est un marché très important
pour l’Asie orientale en développement
», a insisté hier Vikram
Nehru, l’économiste en
chef de la Banque pour la région.
Pointant la vigueur retrouvée de
plusieurs indicateurs chinois, il
explique que cette reprise devrait
prochainement se faire ressentir
sur les volumes d’exportations
des pays en développement
d’Asie de l’Est − dont ne font pas
partie le Japon, la Corée du Sud,
Hong Kong et Singapour.
Les exportateurs de matières
premières, tels que la Mongolie,
la Malaisie ou l’Indonésie, pourraient
particulièrement profiter
de la reprise d’activité dans les
usines chinoises. « Les prix de
certaines matières premières sont
entrainde se stabiliser.Ons’attend
à ce qu’ils commencent àrepartir à
la hausse », a souligné Vikram
Nehru. «Mais, d’un autre côté, les
exportations de produits électroniques
et autres composants, qui
sont envoyés vers la Chine pour
êtreassembléspuisdistribuésdans
le reste du monde, vont, elles, rester
déprimées tant que la croissance
des pays développés n’aura
pas redémarré », pointe la
Banque, qui rappelle, tout au
long de son étude, que la reprise
durable en Asie ne dépend pas
que de la Chine, mais surtout de
la santé des pays occidentaux et
du Japon.
Envolée du chômage
Dans l’attente de cette rémission,
les pays les plus pauvres de la
région, qui revendiquait une
croissance d’encore 11,4% en
2007, vont beaucoup souffrir.
« Partout, le déclin brutal des exportations
a rapidement entraîné
des baisses de production et une
réduction des investissements par
le secteur privé.Celaa entraînédes
licenciements », analyse la
Banque.Unmillion de chômeurs
supplémentaires, sur un totalofficiel
de 24 millions, auraient été
recensés sur un an. Mais ces
chiffresavancéspar lesgouvernement
ne refléteraient « qu’une
toute petite partie de la détérioration
dumarché de l’emploi », prévient
le rapport qui annonce une
« douloureuse envolée du chômage
» dans la plupart des pays et
la poussée exceptionnelles des
taux de pauvreté au Cambodge,
en Malaisie et en Thaïlande.
Y. R.