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L’Asie se découvre trop dépendante des exportations

http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090406_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4850716.pdf?journee=PDF_20090406_LEC

L’Asie se découvre trop dépendante des exportations

Iln’yaurapasdemiraclepourl’Asie
en 2009 : elle aussi va souffrir durement
de la crise économique mondiale.
C’est l’avertissement lancé
vendredi à Paris par la Banque
asiatique de développement
(BAD) à l’occasion de la publication
de son rapport annuel sur les
perspectives de croissance pour
l’Asie en développement.
Lecoupdefreinestnet :alorsque
l’année 2007 s’était soldée par une
croissance de 9,5% − un record −,
l’Asie en développement peut s’attendre,
selon les économistes de la
BAD, à une expansion de seulement3,4%
cetteannée.De fait,« la
plupartdecespaysdépendentencore
très largement du commerce extérieur
», expliqueJosephZveglich,le
chef économiste adjoint de la
banque.Tousontdonc pâtidu coup
de frein sur les échanges internationaux.
A commencer par les territoires
les plus dépendants des exportations,
notamment Taiwan, la
Corée du Sud, Singapour ouHong
Kong. Eux devraient même entrer
en récession : la BAD prévoit notamment
des contractions du PIB
de 3% en Corée du Sud et 4% à
Taiwan.
Réel espoir
Mêmesi lesBourses de la région se
sont effondrées comme les autres,
Joseph Zveglich considère, en revanche,
que « l’impact de la crise
financière a été limité ». Et pour
cause : depuis le traumatisme de la
crise asiatique de 1997-1998, les secteurs
bancairesdes pays d’Asie ont
été assainis et l’exposition aux produits
toxiques y était quasi nulle.
Malgré ce point positif, la BAD
ne se fait guère d’illusions : compte
tenu de la dépendance de l’Asie
vis-à-vis des pays développés, son
sort sera conditionné par l’éventuelle
reprise économique en occidentetauJapon.
«Notre inquiétude
pourcetterégion,etnotammentpour
les pays pauvres, est qu’il n’est pas
encoreclairsi lesEtats-Unis, l’Union
européenne et le Japon vont redémarrer
dès l’année prochaine »,
avoue Jong-Hwa lee, le chef économiste.
A moyen terme donc, le
continent asiatique est condamné à
attendre que la reprise vienne d’ailleurs.
Quitte à attendre longtemps.
C’est à plus long terme, en revanche,
qu’existeunréelespoir.Car
« cette crise agit comme une sonnette
d’alarme sur la nécessité de rééquilibrer
les balances des comptes courants
», explique Joseph Zveglich.
Depuis la crise asiatique, la prudence
s’est généralisée, y compris
dans les foyers. Elle a poussé les
ménages à une modération manifestementexcessivedeleurconsommation.
C’est cette modération qui
expliquequetouslespaysdelazone
dégagent de très nets excédents
commerciaux : tandis que les occidentaux,
notamment américains,
s’endettaient pour consommer, les
Asiatiques, eux thésaurisaient.
«L’heure est venue de rééquilibrer
les échanges », juge donc Joseph
Zveglich.Mais il prévient immédiatementqueceprocessusprendradu
temps : en Chine comme ailleurs
danslecontinent,ilfaudramettreen
place des systèmes de protection
sociale suffisamment efficaces pour
que les ménages soient moins inquiets
de l’avenir, et donc moins
enclins à l’épargne. G. G.


La croissance des pays d’Asie en développement
« Les Echos » / Source : BAD
Variations annuelles du PIB, en %

2007 : 9,5
2008 : 6,3
2009*: 3,4 * Prévisions