http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090312_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4841263.pdf?journee=PDF_20090312_LEC
La Chine compte désormais sur ses investissements intérieurs
CHINE Les exportations ont reculé de 25,7%en glissement
annuel lemois dernier. Pékin table sur sa politique
de grands chantiers pourmaintenir l’activité.
DE NOTRE CORRESPONDANT
À PÉKIN.
Tous les espoirs des entreprises
chinoises sont désormais concentrés
sur les promesses de relance
du gouvernement.Hier, les usines
du pays, qui réalisent selon le ministèreduCommerceplusde30%
de leurs ventes à l’étranger, ont
compris qu’elles n’allaient pas
pouvoir compter, cette année, sur
l’habituellevigueurdeleursexportations
pour assurer leur croissance
et que seul le marché intérieur
pourrait les sauver. Selon les
statistiquesdesdouanes, les exportations
du pays ont chuté, le mois
dernier, de 25,7% en glissement
annuel. Les experts les plus pessimistesavaient
annoncéunreculde
10%au maximum. « Les chiffres
des exportations reflètent enfin la
réalité », expliquait, hier, Ben
Simpfendorfer, l’économiste en
chef de Royal Bank of Scotland.
Sur les deux premiers mois de
l’année, le volume des exportations
a baissé de 21,1% par rapport
au début de 2008, pour atteindre
155,3 milliards de yuans.
Dans le même temps, les importations
ont plongé de 34,2 %. «Ce
chiffre des exportations restera dans
le rouge tant que les grandes économies
de la planète seront en récession
», prévenait, hier, Sherman
Chan deMoody’s Economy.com.
Aprèsavoirvuplusde20millions
de ses travailleurs migrants, essentiellement
employés dans les sociétés
tournées vers l’export de jouets,
de textile,de chaussures oude petit
électronique, perdre leur emploi
depuis l’automne, Pékin redoute
que la dégradation de son commerce
extérieur ne provoque un
nouveau recul de l’investissement
manufacturier et une nouvelle
poussée du chômage dans les prochaines
semaines. La détérioration
du marché de l’emploi nemanquerait
pas de peser sur la demande
intérieure, que le gouvernement
espère pourtant réactiver pour
maintenirunecroissancede8%du
PIB sur l’ensemble de 2009.
La consommation fléchit
Mardi, le Bureau national des statistiques
s’était déjà inquiétéd’une
baisse possible de la consommation
après avoir révélé que la
Chine avait enregistré lemois dernier
la première chute depuis plus
de sixansde sonindicedes prix àla
consommation. Si ce recul (1,6%
englissementannuelsur février) se
confirmait, il pourrait inciter les
ménages, déjà peu enclins à puiser
dans leur épargne, à différer leurs
achats.
Pour réinsuffler de la confiance
dansle pays et soutenir l’activité, le
gouvernement chinois a ordonné
dès novembre dernier une relance
spectaculaire des investissements
dans le pays, dans le cadre d’un
plan aux contours assez flous de
4.000 milliards de yuans. Hier, les
statistiques de l’investissement en
capital fixe semblaient indiquer un
début de succèsde sastratégie.Sur
les deuxpremiersmois de l’année,
ces investissements dans de nouvelles
routes, des gares ou des
centrales électriques ont bondi de
26,5%. Les dépenses dans des
projets soutenus par le gouvernement
central ont notamment progressé
de 40% quand le volume
d’argent consacré au développement
des chemins de fer s’envolait
de210%surunan.Si lesanalystes
saluent ce mouvement, ils notent
que certains secteurs privés, notamment
dans l’immobilier, semblent
beaucoup moins entreprenants
que les grands groupes
d’Etat ou les collectivités locales
aux ordres de Pékin.
Y. R.