60 000 000 environ des chinois sont aisés soit, 6% de la population chinoise

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Pékin pousse le yuan à l’assaut du monde

http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090703_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4882719.pdf?journee=PDF_20090703_LEC

Pékin pousse le yuan à l’assaut du monde

En attendant la création d’une
hypothétique monnaie internationale,
Pékin a manifestement
décidé d’internationaliser sa
propremonnaie. C’est ce qui ressort
de la décision de la Banque
centrale chinoise, hier, d’ouvrir la
voie au règlement de transactions
commerciales internationales en
yuans, etmêmed’offrirdes réductions
d’impôt aux entreprises
ayant recours à ce nouveau type
d’échange. Une véritable révolution
pour une devise jusqu’alors
non convertible.
Sécuriser les échanges
Cette annonce s’inscrit dans une
stratégie de plus en plus explicite
de la Chine, visant à remettre en
cause l’hégémonie du roi dollar.
Au-delà de sa dimension symbolique
et politique, la démarche
s’explique par des raisons économiques.
Dans le cas de l’annonce
d’hier, l’objectif est d’abord de
sécuriser, pour les entreprises
chinoises, le montant des
échanges internationaux, jusqu’à
présent libellés presque exclusivement
en dollars.
La Banque centrale ne s’en
cache pas. Dans son communiqué,
hier, elle déplorait que « les
entreprises en Chine et dans les
pays voisins [fassent] face à des
risques assez considérables sur les
variations du taux de change en
raison des fortes fluctuations du
niveau du dollar américain, de
l’euro et d’autres devises importantes
depuis la crise financière ».
Désormais, les entreprises
chinoises neseront donc plus obligées
de demander des dollars à
leur banque centrale avant d’effectuer
une transaction internationale.
Depuis plusieurs mois,
Pékinmultiplieles initiatives dans
ce sens. Déjà, début avril, cinq
villes, dont Shanghai, Canton et
Shenzhen, avaient autorisé leurs
entreprises à libeller leurs transactions
internationales en yuans.
Mais c’est aussi en multipliant
les conventions bilatérales que
Pékin a poussé ses pions.Avec six
pays (Corée du sud,Malaisie, Indonésie,
Hong Kong, Biélorussie
et Argentine), la Chine a désormais
signé des accords d’échanges
de devises (« swap »).Dans le cas
de l’Argentine, l’accord prévoit
que la banque centrale chinoise
fournisse 650 milliards de yuans
(soit l’équivalent de 10 milliards
de dollars) à son homologue sudaméricaine.
L’objectif étant que
ces devises chinoises soientmises
à disposition des entreprises argentines
afin qu’elles puissent
traiter avec leurs homologues
chinoises sans avoir recours au
billet vert. Un accord de ce type
est également à l’étude avec le
Brésil.
Diversifier l’origine des réserves
L’autre explication économique
de cette stratégie d’émancipation
par rapport à la première devise
mondiale tient à l’importance de
celle-ci dans lesavoirs détenuspar
laBanquecentrale chinoise.Avec
notamment 750 milliards de dollars
de bons du Trésor américain,
Pékin sait que toute chute de la
monnaie américaine déprécie ses
propres actifs. Diversifier les devises
utilisées pour commercer,
c’est, au final, diversifier l’origine
des réserves de change de la
banque centrale. Et éviter que
leur valeur soit tributaire des caprices
du seul billet vert.
GABRIEL GRÉSILLON