60 000 000 environ des chinois sont aisés soit, 6% de la population chinoise

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La croissance chinoise ne peut pas sauver

La croissance chinoise ne peut pas sauver
l’économiemondiale

Plusieurs industriels étrangers
ont profité du plan de relance
chinois mais la timidité de la
consommation intérieure empêche
le pays de s’imposer comme
un acteur décisif de la reprise
mondiale.

DE NOTRE CORRESPONDANT
À PÉKIN.
Le constructeur automobile Audi
a annoncé, hier, à la presse chinoise
qu’il allait ouvrir en septembre prochain,
dans la ville de Changchun
(nord-est), une nouvelle usine d’assemblage,
estimée à un milliard de
yuans (103millions d’euros), afin de
répondre à l’explosion de ses ventes
de berlines dans le pays. Alors qu’à
l’échelle mondiale les ventes du
groupe ont plongé, avec la crise économique,
de 9,7% au premier trimestre,
elles ont progressé de 11%
en Chine. Sur la même période,
Volkswagen annonçait un bond
de 22,7 % de ses ventes dans le
pays. « De notre point de vue la
Chine est désormais et va rester le
plus impor tant marché au
monde », résumait, il y a quelque
temps, Winfried Vahland, le patron
du groupe en Chine.
Comme lui, de nombreux PDG
ont semblé « bénir », la semaine
dernière lors de la présentation
de leurs résultats semestriels, le
dynamisme du marché chinois.
Les constructeurs de machines
outils, comme le japonais Komatsu
ou l’américain Caterpillar,
ont annoncé qu’ils avaient enregistré,
depuis le début de l’année,
des performances record dans le
pays qui s’équipemassivement en
pelleteuses et autres excavateurs
pour déblayer les grands chantiers
d’infrastructures prévus dans
le plan de relance de 4.000 milliards
de yuans déroulé par le
gouvernement. Les mineurs australiens
écoulant dans le pays de
l’acier, du cuivre et d’autresmatières
premières utilisées pour les
grands travaux sont eux aussi enthousiasmés
par la bonne santé
de l’économie chinoise. « Le rétablissement
de la croissance chinoise
est une bonne nouvelle. Et comme le
premier facteur de cette reprise est la
poussée de l’investissement, cela veut
dire que le pays va importer plus de
machines et de matières premières »,
pointe Wang Tao, une analyste
d’UBS à Pékin qui modère toutefois,
comme les autres experts,
l’impact de ces commandes sur la
santé économique globale des
grands pays occidentaux.
Desserrer son épargne
Si quelques campagnes publiques
de soutien à la consommation –
baisse des taxes sur les voitures de
petite cylindrée, bons d’achats sur
l’électroménager à la campagne – et
lemassif plan de relance ont effectivement
bénéficié, à la marge, à
quelques groupes étrangers, la
structure même de la reprise, qui
reste essentiellement alimentée par
des dépenses publiques d’investissement,
ne profite pas à l’ensemble
des industries. Les experts rappellent
d’ailleurs que les importations
chinoises ont globalement plongé
de plus de 25% depuis le début de
l’année, quand ses exportations reculaient
de 22% sur le premier semestre.
Englués dans la récession, les
Etats-Unis et les autres grandes capitales
occidentales ont bien pressé,
ces derniers mois, la Chine à doper
progressivement le pouvoir d’achat
de son 1,3milliard d’habitants pour
qu’ils s’imposent comme un véritable
moteur de la reprise mondiale.
Mais le gouvernement communiste
a pour l’instant peiné à enclencher
les grandes réformes sociales qui
pourraient convaincre la population
de desserrer son épargne. Faute
d’assurance-chômage, de couverture
santé et de plan de retraite décent,
les ménages chinois continuent
de peser chacun de leurs
achats. Plusieurs groupes habitués à
des croissances à deux chiffres dans
le pays, reconnaissent souffrir, depuis
quelques mois, d’un regain
prudence des consommateurs.
Yum Brands, le groupe qui exploite
les KFC et Pizza Hut, vient ainsi de
dévoiler une stagnation de ses ventes
en Chine quand McDonald’s a
reconnu une baisse de ses résultats
en juin dans lemillier de restaurants
qu’il contrôle dans le pays.
Y. R.