60 000 000 environ des chinois sont aisés soit, 6% de la population chinoise

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Chine : une success story due à un mode de pilotage unique

http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090625_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4879657.pdf?journee=PDF_20090625_LEC

Chine : une success story due à un mode de pilotage unique

Grâce àunerelancemassive,mais
aussi à l’efficacité de son dirigismeéconomique,
Pékin semble
bien parti pour renouer avec une
croissance autour de 8%.

4.000 milliards de yuans : c’est la
somme colossale, équivalant à
586milliardsde dollars, que Pékina
mise sur la table pour sauver son
économie. Avec un succès évident.
Décidé en novembre 2008, le plan
de relance chinois amanifestement
déjà porté ses fruits : alors que certaines
économistes redoutaient,
pour 2009, une croissance inférieure
à 5%, la Banque mondiale
table désormais sur 7,2%. Et l’avenir
semble rose : Glenn Maguire,
l’économiste de la Société Générale,
s’attend désormais à une croissance
supérieureà 8%pour2010et
2011, un chiffre qui aurait été« inférieur
à 5%» sans la dépense publique
exceptionnelle décidée par
Pékin.Lessecretsdecetteréussite ?
D’abord le montant dépensé, qui
équivaut à plus de 10%duPIB, et
quePékin a pu se permettre grâce à
sa marge de manoeuvre financière.
Le déficit public ne devrait atteindre
que 3,5% du PIB cette
année, un détail comparé aux déficits
que vont connaître les grands
pays développés.
Une efficacité hors pair
Autre clef du succès chinois : la
structure politique et économique
du pays confère aux autorités une
efficacité hors pair. « Une dépense
peut être décidée un jour et effectuée
dès le lendemain », estime même
Glenn Maguire. En d’autres
termes, l’implémentation du plan
de relance a été rapide. Un
exemple : les dépenses en infrastructures
étaient l’un des deux piliers
du programme gouvernemental.
Certes, les 20.000 kilomètres de
routes projetés n’ont pas encore été
concrétisés. Mais, d’ores et déjà,
386.000 logements ont été reconstruits
dans la province du Sichuan,
dévastée par un séisme l’année dernière.
Le pouvoir chinois a également
compris la nécessité de dynamiser
la demande interne. La
consommation desménages et l’investissement
domestique représentent
en effet 80% du PIB. Pékin a
donc fait le nécessaire pour les soutenir.
Endonnant, d’abord,uncoup
de pouce au pouvoir d’achat de
certainsménages(augmentationde
15% des salaires dans l’armée ou
suppression des frais d’inscription à
l’école primaire dans certaines
villes).Mais aussi en favorisant une
relance des prêts bancaires. Disposant,
là encore, d’un levier sur les
banques que les pays développés
n’ont pas, les autorités les ont
contraintes à prêter massivement.
Aufinal, sur 2009, plusde 9.000milliards
de yuans auront été prêtés,
soit 30%duPIB!Riende telpour
soutenir l’investissement.
Aufinal, c’est donc, une nouvelle
fois, à l’intelligence de son pilotage
économique que Pékin doit de tirer
son épingle dujeu.Mais c’est également
grâceàunprotectionnisme de
plus en plus net : consigne a notamment
été donnée de dépenser l’argent
de la relance en direction de
prestataires chinois. Une politique
qui commence à sérieusement agacer
les Occidentaux...
GABRIEL GRÉSILLON