60 000 000 environ des chinois sont aisés soit, 6% de la population chinoise

Que vous soyez une TPE ou une PME, nous vous accompagnons pour réussir à vendre vos produits en chine.

Nous mettons nos compétences et notre réseau à votre disposition pour assurer la capacité et la qualité de production de votre entreprise ainsi que la sécurité juridique et financière des transactions.

Des équipes permanentes sont installées en chine pour la mise en relation avec les réseaux chinois.

Quel que soit vos produits, nous validons d'abord qu'ils intéressent les chinois avant de démarrer le projet.

Contact

Location d'Expertise

Patrick VEILLON

13 Cours Raphaël Binet
35000 Rennes

Tél: 02 99 67 70 60
Fax: 02 99 30 62 86

Mail: patrick.veillon@gmail.com

Voiture électrique : et si la Chine doublait tout le monde ?

http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090429_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4858619.pdf?journee=PDF_20090429_LEC

Voiture électrique : et si la Chine doublait tout le monde ?

LE PAYS MULTIPLIE LES INITIATIVES POUR PRENDRE DE VITESSE SES CONCURRENTS


S’imposer comme le leader mondial des véhicules électriques : c’est le rêve de Pékin, qui, admettant son retard dans les
moteurs classiques, pousse ses constructeurs sur ce marché quasi vierge. Le pays réduirait ainsi sa dépendance au pétrole
et aux technologies étrangères. Dès cette année, le groupe BYD doit lancer la production de masse de son modèle e6.
La e6, présentée au Salon de Shangai, qui s’est terminé hier. Elle pourrait être la première voiture tout électriquemise en vente dans lemonde.
Wang Chuanfu, le PDG de BYD, pose devant lemodèle hydride F3DM.
La structure de la F3DM exposée à la Foire high-tech 2008 de Shenzhen.
Feng Iei sh / Imaginechina
Getty Images / AFP Zhou tian / Imaginechina

La visite de l’usine BYD, en
banlieue de Shenzhen, touchait
à sa fin lorsque Wang
Chuanfu,lePDGdugroupe,
s’est approché des dernières
créationsdeses ingénieurset La pointé, sur un présentoir,
un nouveau modèle de batterie « 100%
recyclable », contenant un électrolyte non
toxique. Il a soulevé le couvercle, versé le
liquide de la batterie dans un verre et l’a bu
d’une traite, devant les yeux ébahis de
DavidSokol, le présidentdeMidAmerican
EnergyHoldings,qui a rapporté l’anecdote
aumagazine « Fortune ».«Ça n’a pas bon
goût »,aurait justemurmuréleresponsable.
De retour aux Etats-Unis, le financier
américain a conté son insolite rencontre à
WarrenBuffett, le président du fonds d’investissement
Berkshire Hathaway, dont
toutes lesdécisionssont lues comme autant
de prophéties. Il lui a parlé des visions de
Wang Chuanfu, qui a créé, en moins de
quinze ans, le deuxième plus important
fabricant mondial de batteries rechargeables
− il équipe notamment les téléphones
Motorola, Nokia ou Samsung −,
puis l’un des leaders de l’industrie automobilechinoise−
sapetiteF3estentêtedeliste
desberlines lesmieux venduesdans lepays,
devant la Toyota Corolla. Il lui a surtout
annoncé que BYD travaillait à la synthèse
de ses deux activités, et se rêvait publiquement
en leader mondial des véhicules
« propres » roulant à l’électricité. Le
« pitch »a fonctionné.Deuxmoisplus tard,
le gourou de la finance américainedéboursait
230 millions de dollars pour acquérir
9,8%del’entreprisedeWangChuanfu,qui
croitpouvoirdonnercorps,depuissesbases
chinoises, à un marché mondial de la voiture
électrique encore dans les limbes.
Au Salon de l’automobile de Shanghai,
quiafermésesporteshiersoir, lafouleetles
concurrents se pressaient autour de la
F3DM, le véhicule hybride raccordable au
secteur commercialisé en Chine depuis fin
décembre par BYD, et de la nouvelle e6,
qui pourrait bientôt s’imposer comme la
première voiture tout électrique mise en
vente dans le monde. «Nous pensons la
lanceravantlafinde2009 »,assurePaulLin,
le porte-parole du groupe.
Selon le constructeur, la e6 pourrait rouler
pendant plus de 300 kilomètres, atteindre
une vitesse de pointe de 160 kilomètres-
heure et être rechargée à 50% en
seulement dix minutes. Des performances
rendues possibles par une batterie Fe, au
phosphate de fer, développée par les chercheurs
de BYD. Ce produit connu, dérivé
de la famille des batteries lithium-ion
aujourd’hui utilisées par la plupart des
autres constructeurs de véhicules hybrides
ou électriques, devrait, selon le groupe
chinois, permettre de résoudre les problèmes
de durée de vie, demanque d’énergie
ou d’instabilité qui avaient jusqu’ici
limitéledéveloppementdes véhiculesélectriquesdanslemonde.
Mieux,labatterieFe,
couplée auxmoyens industriels deBYDet
à sa main-d’oeuvre bon marché, qui assemble
les accumulateurs à la chaîne, permettrait
decasser le coûtde production des
véhicules « verts », dont les prix rebutent
pour l’instant les acheteurs potentiels.Une
F3DM est ainsi proposée à 150.000 yuans
(environ 16.500 euros) quand le prix de
ventedesafutureconcurrente,laChevrolet
Volt, qui devrait être commercialisée fin
2010, avoisinerait les 30.000 euros.
Une énergie peu coûteuse
Avançant des arguments comparables,
tous les grands constructeurs chinois ont
suiviles tracesdeBYDetont annoncé, lors
duSalondeShanghai,lacommercialisation
prochaine de leurs propres modèles électriques
ou hybrides. Chery, le quatrième
constructeurdupays,doitlanceravant lafin
de l’année sa petite compacte Riich M1.
Rechargée sur une prise 220 volts du secteurpendantsixheures,
ellepourraitrouler
sur une distance de 120 kilomètres. «Au
prixactuelde l’électricité,parcourir100kilomètresne
coûteraitplusque 7yuans (80 centimes
d’euros) », argumente Crystal Yang,
l’unedescadresdelasociété.Si,chezGeely,
laGleagleEK2, tout électrique, est encore
en développement,GreatWall affirme que
sa Kulla, disposant sur le papier d’une
autonomie de 160 kilomètres, serait prête
pour « la production de masse ».
« Ilsepassequelquechosed’importanten
Chine dans le domaine des véhicules électriques
», résume Steve Betz, le directeur
général des ventes et du marketing de
Chevrolet dans le pays. «Les Chinois, qui
ont déjà massivement adopté les scooters et
les vélos électriques, sont prêts pour ces
véhicules », assure-t-il. «Lentement, la
Chine pose les fondations pour s’imposer
comme un concurrent global dans cette
industrieémergente »,prévenaientdansune
récente étude les chercheurs deMcKinsey.
Premières exportations programmées
DepuisPékin,lesautoritéschinoisesencouragent
pleinement l’enthousiasme de leurs
constructeurs. «Pour le gouvernement, le
soutien à ces technologies et à leurs développeurs
est un enjeu stratégique majeur »,
pointe PatrickBlain, l’un des directeurs du
marketing de PSA Peugeot Citroën en
Chine. Le pays, qui veut casser sa dépendance
aux technologies étrangères, reconnaît
implicitement son retard sur les Occidentaux
et les Japonais dans le
développementdesmoteurs thermiques,et
considèrequ’ilpeut,enrevanche,s’imposer
comme le leadermondial duvéhicule électrique.
« Sur ce segment, nous sommes
presque surunepageblanchedans lemonde
entier. Tout le monde part à égalité », remarque
l’analyste Li Chunbo, de Citic Securities.
En prenant de l’avance sur les
grandes marques étrangères moins
convaincues par la « révolution électrique
», les groupes du pays pourraient
emporter une large part d’unmarché évaluéparMcKinsey
àplusde 700milliardsde
yuans (78 milliards d’euros) sur le seul
territoire chinois. Avant de se lancer à
l’assaut des marchés occidentaux. Les premières
exportations sont d’ailleurs déjà
programmées par les plus ambitieux.
Au-delà du prestige et des arguments
financiers, Pékin espère également réduire
lacroissancedeses importationsdepétrole,
en grande partie alimentée par l’explosion
du parc automobile. «Si 30%de toutes les
voiturescirculantdanslepaysen2030étaient
électriques, la Chine pourrait économiser
700 millions de barils par an, soit plus de
10%desesbesoins »,ontcalculélesexperts
de McKinsey.
Ayant décrété qu’au moins 10% des
voitures du pays devront utiliser des énergiesalternativesd’icià2012,
Pékinmultiplie
les initiatives. Leministère des Sciences et
des Technologies, dirigé depuis deux ans
par Wang Gang, un ancien ingénieur
d’Audi ayant précédemment dirigé les travaux
du gouvernement sur... les voitures
électriques, vientd’augmenter sesoffresde
crédits de recherche aux entreprises et aux
laboratoires universitaires. De nouvelles
subventions ont étémises en place pour les
collectivités locales acceptant de s’équiper
en hybride ou en tout électrique. Pour
chaquevoitureélectriquecommandée,une
primede60.000yuans(6.600euros)estainsi
offertedans les13municipalitésparticipant
au programme.
Créer des centres de recharge
Les primes ont déjà appâté les autorités de
Shenzhen, où est justement basé BYD. Ce
sont elles qui lui ont commandé les premières
F3DM. «Au total, on en a vendu
quelques centaines pour des flottes dans
plusieurs villes.Vous pourrez en voir rouler
cet été », assurePaulLin. «C’est plutôt 80 »,
souffleunconcurrent,qui soupçonneBYD
et les autres constructeurs du pays de vouloir
copier la stratégie de communication
réussie par Toyota avec sa Prius hybride.
« Ilsmettentenavant ladimension high-tech
deleursvéhicules“propres”pourvendredes
voitures essence classiques », explique-t-il.
«Achaquefois, ce sontdesprojets longsqui
demandent beaucoup de coopération avec
les villes », reconnaît lui-même le responsabledeBYD.
Qui souligne lanécessitéde
mettre en place un réseau de stations électriques
où les véhicules pourront être rechargés
rapidement. « Pour installer des
centres de recharge dans le pays, il va falloir
dépenserentre5et10milliardsdeyuansd’ici
à 2020», ont calculé les chercheurs de
McKinsey, qui s’inquiètent toujours de la
longueurdutempsderechargeetsuggèrent
à la Chine de réfléchir à unmodèle économique
où les batteries pourraient être
louées pleines et échangées une fois vides
dans des stations-service.«C’estunmodèle
ambitieux mais qui dépasse les seuls
constructeurs. Ilfautuntravailconcertéavec
tous les acteurs. Le rôle des autorités publiques
va êtredéterminant », insistePatrick
Blain. «Mais si une solution permettant de
résoudre tous ces défis technologiques et
économiques existe, il est très probable que
c’estenChinequ’elleseratrouvée »,sourit-il.
YANN ROUSSEAU
NOTRE CORRESPONDANT À PÉKIN.