http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090327_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4847183.pdf?journee=PDF_20090327_LEC
DISTRIBUTION Le propriétaire de Castorama a dégagé un bénéfice net de 206 millions de livres en 2008, en baisse de 23%. La contribution de la France est le double de celle du Royaume-Uni.
Le britannique Kingfisher trébuche en Chine
DE NOTRE CORRESPONDANTE
À LONDRES.
npensait que les difficul-
Otés de Kingfisher vien- draient de Grande-Bretagne.
La contre-performance est
venue de Chine, avec une perte
d’exploitation de 52 millions de
livres, déclenchant la mise en
oeuvre d’un plan de restructuration
massif. Ce revers donne tout
son sens au choix du groupe britannique,
qui vient de nommer
(« Les Echos » du 19 mars)
comme président non exécutif
Daniel Bernard, l’ex-patron de
Carrefour et expert de la Chine,
où il a installél’enseigne française
commepremierdistributeuroccidental.
Au total, Kingfisher, numéro
trois mondial de l’aménagement
de lamaison, a subi, sur son exercice
fiscal achevé au 31 janvier
2009, un recul de 23% de son
bénéfice net publié, à 206millions
de livres. Son chiffre d’affaires
atteint 10 milliards de livres, en
hausse de 11% à périmètre
constant. «En Chine, où le secteur
immobilier traverse une passe
difficile, nos performances se sont
révélées inférieures aux attentes de
début d’année », a reconnu Ian
Cheshire, le directeur général de
Kingfisher, qui avait piloté l’expansion
internationale du groupe
de 2002 à 2005. Le britannique,
qui avait ouvert son premier magasin
B&Q à Shanghai en 1999,
reconnaît avoir voulu grossir
« trop vite » sur lemarché chinois.
La restructuration, qui passe par
la fermeture d’un tiers des 63magasins
et la réduction de surface
de 17 autres, se traduit par une
charge exceptionnelle de 160millions
de livres. Mais la filiale
chinoise ne devrait sortir du
rouge qu’au second semestre
2010.
Expansion à l’est de l’Europe
Le propriétaire de Castorama et
Brico Dépôt peut, en tout cas, se
féliciter desa forte base française.
Aidée par la baisse de la livre, la
France a augmenté de 19% sa
contribution aux profits de Kingfisher.
Atauxde change constant,
le bénéfice d’exploitation de ses
implantations dans l’Hexagone
progressede 1,9%, à 283millions
de livres, pour un chiffre d’affaires
de 3,9 milliards. Soit le
double du Royaume-Uni, qui a
vu son bénéfice d’exploitation
chuter de près de 16 %,à 129millions
de livres, pour des ventes de
4,3 milliards. Enfin, si la Chine
marque le pas, l’expansion se
poursuit à l’est de l’Europe :
9 magasins ont été ouverts, l’an
dernier, en Pologne, 6 en Turquie,
2 enRussie.Et 14 nouveaux
points de vente sont prévus en
2009.
Malgré les perspectives déprimées
de l’environnement dans
lequel le distributeur se débat, les
analystes financiers applaudissaient,
hier, sa discipline financière.
Le groupe, qui a encaissé
615 millions d’euros en cédant
Castorama Italie, achève son
exercice fiscal avec une dette en
baisse de 36%, à 1 milliard de
livres : « soit 100 millions de
moins que nos estimations grâce à
une maîtrise meilleure que prévu
de son fonds de roulement », a
souligné Tony Shiret, analyste financier
chez Credit Suisse. Kingfisher
a sauvé les meubles…
ISABELLE CHAPERON