http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090326_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4846602.pdf?journee=PDF_20090326_LEC
La première banque mondiale, la chinoise ICBC, se prépare à une année difficile
La plus grande banque du monde par la capitalisation boursière, a réussi à dégager, en 2008, un bénéfice net
de 110,8 milliards de yuans (16 milliards de dollars), le plus élevé de toutes les banques du monde, en hausse
de 36% sur un an.Mais le brutal ralentissement économique chinois pourrait faire plonger ses résultats.
DE NOTRE CORRESPONDANT
À PÉKIN.
Peu exposée aux crédits « subprime
» et rattrapée en fin d’année
seulement par le ralentissement
économique mondial, l’Industrial
and Commercial Bank of China
(ICBC), la plus grande banque du
monde en termes de capitalisation
boursière, a réussi à dégager, sur
2008, un bénéfice net de 110,8 milliards
de yuans (16milliards de dollars),
en hausse de 36%sur un an.
Portéesur lespremierstrimestres
par une croissance chinoise encore
en pleine santé, elle avait vu le
volume de ses prêts progresser généreusement
pour finir l’année en
hausse de 12,3% quand son bénéficenet,
alimentépardestauxd’intérêt
élevéset la confiancedes entreprises,
progressait, lui, de 46%sur
les neuf premiersmois de l’année.
Dès septembre, ce bel élan a été
stoppé net par la brutale dégradation
de la conjoncture mondiale et
par le ralentissementdel’activité en
Chine.
Réticence des entrepreneurs
Entre octobre et décembre, la progression
dubénéficenetd’ICBCest
soudainement retombée à 0,5%
pour se limiter à 18,11 milliards de
yuans (2,6 milliards de dollars). La
baisse régulière des taux directeurs,
décrétéepar ungouvernement soucieuxde
relancer la croissance et de
limiter la poussée du chômage, a
fortement réduit lesmargesdel’établissement
qui a été touché au
même moment par la réticence des
entrepreneurs à investir dans de
nouveaux projets.Fin décembre, sa
margenetted’intérêtétaitrevenueà
2,95% alors qu’elle dépassait 3%
fin juin.
Si les cadres de la plus grande
banquechinoiseontvu,l’andernier,
le taux de créances douteuses de
l’établissement tomber à 2,29%fin
décembre contre 2,74%un anplus
tôt, ils redoutent désormais une inversion
dumouvement.Anticipant
une haussede ces créances,ICBCa
déjàmis de côté l’an dernier plus de
36 milliards de yuans de provisions
et devrait cette année encore gonfler
ces montants. «Nous sommes
conscients que la banque devra faire
face à de sérieux défis en 2009 »,
résumait, hier, le groupe. « Il est
pratiquement impossible d’arriver à
une croissance des bénéfices nets de
37%tous les ans.Mais nous ferons
de notre mieux pour dégager de la
croissance cette année malgré une
situation très difficile »,a insisté Jiang
Jianqing, le président d’ICBC.
YANN ROUSSEAU
Goldman Sachs conservera au moins 80%
de sa participation jusqu’en avril 2010
Précipitation. S’il redoute d’enregistrer
en 2009 l’une de ses pires
performances,ICBCapuseconsoler,
hier, en apprenant que Goldman
Sachs, l’undes sesinvestisseursstratégiques,
que les marchés disaient
sur le départ, n’avait pas l’intention
devendreimmédiatementsaparticipation
dans ICBC. La banque newyorkaise,
quidétient4,93%del’établissement
chinois, s’est engagée à
conserver au moins 80% de cette
participationjusqu’enavril2010.Selon
les termes d’un accord précédent,
Goldmanpouvait vendre50%
de ses actions en avril et 50% en
octobre 2009. «Nous n’avons pas
besoind’agirdanslaprécipitationetde
vendre nos titres ICBC », a indiqué le
vice-président de Goldman.