http://www.lesechos.fr/digital/ARCHIVES/PDF_20090401_LEC/docslib/articlepdf.htm?article=../article/4848939.pdf?journee=PDF_20090401_LEC
Les groupes chinois percent la cuirasse australienne des ressources minérales
Les Chinois profitent de la crise pour
acquérir des ressources naturelles. Ils
viennent de remporter une bataille.
Le Trésor australien a donné hier le
feu vert au 9e sidérurgiste chinois,
ValinIron&Steel,pourqu’ilprenne
17,55%deFortescueMetalsGroup,
troisième exportateur deminerai de
fer du pays. L’argent frais − environ
893 millions de dollars américains −
que l’aciériste apportera à la société
minière sera utilisé pour développer
les activités de cette dernière dans la
région de Pilbara.Une opération en
deux temps.Valina d’abord repris la
participation dans Fortescue du
fonds alternatifaméricainHarbinger
Capital Partners (275 millions d’actions).
Dans la foulée, le sidérurgiste
vaacheter260millionsd’actionsnouvelles
du producteur de minerai de
fer. Et ce n’est peut-être pas fini.
S’exprimant hier à Perth, le directeur
exécutif de Fortescue, Graeme
Rowley, a laissé entendre que
d’autres transactions de cette nature
pourraient intervenir. L’entreprise
extractive avait annoncé le 24 mars
qu’elle poursuivait les discussions
aveclefondssouverainChinaInvestment
Corp. (CIC) en vue d’une entréedans
soncapital.Fortde200milliards
de dollars d’actifs, CIC
envisageait d’investir jusqu’à 3 milliardsdansFortescue,
dontlacapitalisation
boursière s’élève à 5milliards.
La victoire de Valin a rassuré
Chinalco,engagédansuneopération
similaire avec Rio Tinto. Le holding
minier étatiquechinois veutportersa
participation de 9%à 18%dans le
géant minier anglo-australien. Son
nouveauprésident,XiongWeiping,a
fait part, hier, de sa confiance dans la
réussite de l’alliance avec Rio Tinto.
Plusieurs dossiers en cours
«Nous n’avons pas vu de signes indiquant
que l’investissement planifié
sera rejeté » par Canberra, a-t-il déclaré.
«Nousn’avonspasde planB»,
a-t-il poursuivi, faisant écho aux propos
tenus la semaine dernière par
Guy Elliott, le directeur financier de
Rio Tinto. Ce dernier avait alors
révéléque sa société avait unplan de
repli pour se financer encas de rejet
de la transaction par l’Australie.
L’autorisation donnée à Valin résonne
aussi comme un signal d’encouragement
pourMinmetals, le négociant
étatique chinois qui vient de
se voir refuser le droit de prendre le
contrôled’OZMineralsparleTrésor
australien. Sans se démonter, celui-ci
prépare une nouvelle offre excluant
de son périmètre la mine de Prominent
Hill, située en territoire militaire,
à l’origine de la décision négative
du gouvernement australien. La
survie d’OZ Minerals dépend du
succès de cette nouvelle mouture de
la proposition deMinmetals.
MASSIMO PRANDI